Déjà une année martienne : les 6 découvertes de Curiosity sur la planète rouge

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Depuis 687 jours terrestres, c’est-à-dire une année martienne, le robot Curiosity a parcouru environ 8 km sur la planète rouge. L’instrument français ChemCam a procédé à plus de 100.000 tirs au laser et à plusieurs forages profonds. De ces observations, les scientifiques ont pu éclaircir plusieurs énigmes martiennes.

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Voilà un an martien (687 jours terrestres) que le rover Curiosity s’est posé sur la planète rouge. Pour fêter l’événement, la Nasa a publié sur Twitter des photos du robot. Un selfie réalisé à partir d’une juxtaposition de plusieurs images prises, sous différents angles, par l’engin lui-même. Depuis son atterrissage, le 6 août 2012, Curiosity, de la taille d’un petit 4X4, voici ce qu’il a découvert :

1. Il y a eu de l’eau sur Mars
C’est désormais une certitude. Il y a eu des rivières, et même des lacs sur Mars. L’étude de certains galets a même permis de démontrer que cette eau était potable, c’est-à-dire ni trop acide, ni trop basique. Sur une zone proche du cratère gale, le lit d’une rivière d’environ 10 centimètres de profondeur a été détecté.

2. Mars a été habitable
Pour que la vie bactérienne apparaisse sur une planète, il faut la présence d’éléments chimiques bien précis, comme  le carbone, l’azote, l’oxygène, le phosphore ou encore le soufre. Ce sont les “briques” indispensables à la construction de la vie. On sait maintenant que ces éléments sont présents sur Mars, en quantité suffisante pour que la vie ait pu s’y développer dans le passé. Mais attention, disent les scientifiques “habitable” ne veut pas forcément dire “habité”. Aucune preuve de vie passée n’a, pour l’instant , été trouvée.

3. Pas de méthane sur Mars
C’était la grande interrogation. Depuis la découverte, par les différentes sondes en orbite, d’émanations sporadiques de Méthane. En 2003 et en 2009, les scientifiques recherchaient ce composé chimique avec avidité car le méthane provient souvent de la décomposition de particules organiques. Donc, c’est un marqueur de vie. Curiosity n’en a pas trouvé. Les résultats des différents forages fait par SAM, l’instrument français situé dans le ventre du rover et capable d’analyser les prélèvements par vaporisation, n’ont pas détecté sa présence. S’il y en a, c’est dans un autre secteur de la planète.

4.La météo martienne n’est pas dangereuse pour l’homme
Dans la perspective d’un éventuel envoi d’astronautes vers la planète rouge -un jour peut-être, mais pas avant 2030- il était important de connaître la composition de l’atmosphère martienne. Certes, elle n’est pas respirable pour l’homme : 95,9% de gaz carbonique, 1,9% d’azote et, élément nouveau auquel on ne s’attendait pas, 2% d’argon. Par contre, les radiations  cosmiques, très néfastes pour la santé des astronautes, même protégés par une combinaison, sont beaucoup moins importantes que prévues.  Quant au bulletin météo, il annonce 0° le jour et -90° la nuit. Pas franchement le rêve pour passer ses vacances, mais supportable pour un astronaute bien équipé, bien plus supportable en tout cas que les 200° de différence entre le jour et la nuit lunaire qu’ont dû endurer les missions Apollo.

5.Mars a une atmosphère qui s’échappe
SAM a fait des mesures très précises du rapport isotopique de l’argon. Il en a tiré une valeur de référence qui montre qu’il existe un phénomène d’échappement de l’atmosphère. Cette mesure va permettre de remonter le temps et peut-être de connaître la composition de l’atmosphère avant qu’elle ne commence à disparaître à la suite de la perte du champ magnétique de la planète. Peut-être que l’homme aurait pu respirer sur Mars, il y a quelques millions d’années…

6.L’étude du sous-sol martien sera plus facile que prévue
Si Mars a abrité un jour la vie, la disparition de l’atmosphère et les rayonnements cosmiques ont définitivement fait disparaître toute possibilité d’en trouver une trace. Si certains fossiles organiques existent, ils ne peuvent être trouvés qu’en forant profondément le sous-sol. Et là, une bonne surprise, ce sous-sol s’est avéré moins dur que prévu. Là où la Nasa prévoyait trois heures pour forer 6,5 centimètres, il n’aura finalement fallu qu’une dizaine de minutes. La future mission européenne ExoMars , à savoir l’envoi d’un robot capable de forer à plus de deux mètres de profondeur, s’annonce donc sous les meilleurs auspices.

… Ce qu’il reste à faire
La mission Curiosity devait durer une année terrestre. Le brave petit rover a brillamment rempli sa mission. Bien que l’on ait des inquiétudes sur l’état d’une de ses roues, un peu tordues par son passage sur un gros caillou pointu, Curiosity peut encore faire du chemin et parvenir aux alentours de Noël vers les territoires argileux du mont Sharp, là où les différentes couches de sédiments peuvent avoir piégé des informations essentielles pour la compréhension de l’histoire géologique de Mars. Plus que cinq kilomètres à parcourir.

Ensuite ? Eh bien quand on sait que le prédécesseur de Curiosity, le rover Opportunity, envoyé sur Mars en 2004 pour une mission de… 90 jours, continue dix ans après de parcourir la planète rouge et d’envoyer des informations, on peut imaginer une réussite similaire pour le dernier né des robots de la Nasa. Alors Curiosity, rendez-vous dans dix ans ? Même jour, même heure, même planète ?

par

 

Author: phil good

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