Turritopsis nutricula

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Turritopsis nutricula est une méduse de la classe des hydrozoaires.

Elle mesure à peine 4 ou 5 mm et est originaire de la mer des Caraïbes. Les immatures possèdent 8 tentacules tandis que les adultes en ont entre 80 et 90.

 

Elle serait immortelle mais uniquement biologiquement.

L’immortalité biologique a dans un premier temps été décrite sur les cellules cancéreuses, dont les mécanismes d’apoptose (mort cellulaire naturelle) sont bloqués, cela rendant ainsi la cellule cancéreuse exempte de vieillissement, mais la méduse, elle, peut « vieillir » et « rajeunir ». En effet, cette méduse serait capable d’inverser son processus de vieillissement, et ainsi de retourner à sa forme juvénile après avoir atteint sa maturité sexuelle, et ce indéfiniment (théoriquement) grâce au processus de trans-différenciation. Cette immortalité concerne seulement son développement, qui aboutit, chez la plupart des êtres vivants, à la vieillesse et à la mort. Du fait de ses caractéristiques exceptionnelles, elle fait l’objet d’études par les biologistes et les généticiens.

Mais cette immortalité potentielle inquiète les scientifiques, car elle serait responsable de la prolifération de ces méduses à travers toutes les eaux du globe. Il est certain que l’aire de répartition de Turritopsis nutricula s’étend un peu plus chaque année3. Cependant, elle n’est pas immortelle au sens strict : elle n’est ni indestructible, ni exempte de maladies, de prédations ou d’accidents. On ne sait pas non plus si elle peut d’elle-même décider d’inverser son processus de vieillissement ou si c’est un environnement spécifique qui le déclenche.

Selon V. Battaglia, son immortalité potentielle n’est pas la vraie raison de sa prolifération. On sait que de nombreuses autres espèces de méduses se multiplient un peu partout dans le monde à cause du réchauffement du climat et de l’activité humaine. La surpêche des principaux prédateurs des méduses est une possibilité, une autre hypothèse est que les navires et sous-marins ramènent involontairement dans tous les ports ces minuscules méduses qui se répandent quand on vide l’eau des ballasts4.

Inverser le processus de vieillissement

Les membres de cette branche des cnidaires commencent leur vie sous la forme d’un polype (comme du corail ou une anémone de mer), accrochés au fond marin. Puis, ils se transforment en méduses, libres, et déambulent dans les océans avec leurs longs tentacules –jusqu’à une centaine de filaments pour le turritopsis nutricula.

La particularité de cette espèce, c’est que le processus peut s’inverser au crépuscule de sa vie ou en cas de blessure. Par le processus de transdifférenciation, les cellules reviennent à leur état primitif. La méduse redevient polype, puis se retransforme, et ainsi de suite. Comme si un papillon redevenait chenille ou que l’homme rajeunissait comme dans l’Etrange cas de Benjamin Button.

Des briques similaires

Si cette méduse a été découverte en 1988, ce n’est qu’en 1996 que les scientifiques ont vraiment compris ce qu’il se passait. Pendant longtemps, elle n’a pas passionné les chercheurs, qui jugeaient l’espèce trop primitive et trop éloignée de l’homme. Les choses sont en train de changer.

Le Times rappelle que le génome humain, décodé en 2003, comprend bien moins de gènes qu’on ne le pensait originellement: environ 21.000. C’est à peine plus que la mouche, le ver de terre ou la méduse, avec qui nous partageons de nombreuses briques élémentaires. Les scientifiques ont par exemple réussi à isoler une protéine chez la méduse et à rendre des chats fluorescents, dans le cadre de la recherche sur le VIH.

De la méduse à l’homme

Shin Kubota n’a pas encore percé les secrets de l’immortalité de la méduse. Il rappelle qu’il s’agit davantage d’une forme de clonage: les cellules, à chaque cycle, sont renouvelées. Le Graal, pour l’homme, ne serait pas d’inverser le processus mais de le mettre en pause. Si le sexagénaire est persuadé qu’on y arrivera, il espère que l’avancée n’aura pas lieu tout de suite. «Nous sommes intelligents et civilisés mais nos cœurs sont primitifs. J’ai peur qu’on passe à la science appliquée trop tôt, comme pour la bombe atomique», confie-t-il au Times.

Déjà, certains biologistes marins s’alarment de voir la méduse immortelle lentement conquérir les eaux du Globe, des Caraïbes à la Méditerranée, jusqu’au Japon. Shin Kubota, lui, espère que les hommes vont d’abord évoluer «pour apprendre à vivre en harmonie les uns avec les autres et avec la nature».

http://www.youtube.com/watch?v=e1R3j5BpcmU

via Turritopsis nutricula — Wikipédia.

Author: phil good

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